Bien le bonjour,
Et la bienvenue sur BE RUN, Non Peut-Être! pour l’épisode N°34 de nos passages de témoin. Aujourd’hui on va vous parler d’une chouette expérience vécue cet été par JY de la team BE RUN, période pendant laquelle il a eu la chance d’être volontaire lors des JO de Paris 2024.
Pourquoi devenir volontaire aux JO?
Pour faire simple, c’est une opportunité qui ne se présente pas tous les jours et quand un tel événement s’organise dans la province Bruxelloise 😉 et bien il serait bien dommage de ne pas tenter la chose. Vivre les JO de l’intérieur est tout de même une expérience assez unique dans une vie, non? Surtout que clairement je ne figure pas dans la catégorie athlète! En outre, professionnellement, travaillant dans la gestion de projets, j’étais extrêmement intéressé de découvrir les coulisses de ce qui est peut-être l’un des plus grands événements au monde: Comment ça se passe de l’intérieur? Comment se fait la gestion des planning, la formation des volontaires, le fonctionnement des accréditations, le fonctionnement opérationnel du day-to-day, la communication, etc.
Le processus de candidature
Comme pour tous les événements qui font appel à des volontaires, l’organisation en charge de recruter des volontaires fait généralement la promotion de cette opportunité sur leur site et au travers de campagnes de communication via les réseaux sociaux pour toucher un maximum de personnes potentiellement intéressées. J’entends donc parler de la possibilité de « Devenir volontaire aux JO Paris 2024 » via ce canal et je me retrouve à prendre connaissance du programme, de la procédure de candidature et des conditions du programme des volontaires.
Dans les faits, il est demandé de créer un compte « volontaire » sur une plateforme dédiée et d’y remplir un formulaire (nom, prénom, nationalité, coordonnées, disponibilités, …), de présenter sa motivation (comme pour un job), et de répondre à un questionnaire qui sert à cerner votre profil et cibler les missions potentielles qui pourraient nous convenir si on est sélectionné. On vous demande également de préciser sur quelles zones géographiques on souhaite être affecté (Paris ou autre ville française qui accueille les jeux) ou si dans Paris, quelle zone préférentiellement (une zone pouvant être liée à un ou plusieurs sites des JO).
Tout ceci est fait grosso modo un an avant la tenue des JO. Pour finaliser cette première étape, on reçoit une confirmation de notre candidature si elle est complétée dans son intégralité et soumise avant la date limite communiquée. Par la suite, on reçoit des newsletters du programme pour nous tenir informer.
Quelques mois plus tard, en avril 2024, je reçois une offre de remplaçant pour une mission d’équipier Service aux spectateurs sur les sites du Grand Palais et du Pont Alexandre III, offre qui comprend un descriptif des tâches couvertes par ce type de mission. On a plusieurs jours pour accepter ou refuser ladite mission en nous précisant, en toute transparence, que si refus il y a (car plus disponible, plus envie, etc.), il n’est pas certain qu’une autre mission soit proposée. On nous demande également de renseigner/valider une nouvelle fois nos disponibilités et de confirmer les zones géographiques précisées lors de notre candidature (on nous informe qu’en fonction des besoins une offre définitive autre que celle de remplaçant reçue pourrait être proposée mais que la zone géographique souhaitée serait respectée). En tant que remplaçant, on reçoit aussi des précisions sur ce statut, en nous renseignant qu’elle peut se convertir en offre définitive jusqu’à une certaine date limite (fin juin 2024) et que si cette dernière est dépassée, on ne fera pas partie des volontaires sélectionnés pour les JO. A noter que d’autres volontaires ont reçu directement une offre de volontaire sans passer par la case remplaçant.
Toujours est-il remplaçant ou pas, on a accès à toute une série de formations en ligne auxquelles on nous invite à prendre connaissance pour nous préparer au mieux à notre (future) mission. Cela va de la présentation générale de l’écosystème des JO, de son organisation, à des vidéos plus spécifiques liées à la mission confiée (comment accueillir des personnes d’autres cultures, des personnes en situation de handicap, comment faire face à des situations compliquées, comment agir contre les violences sexuelles, sexistes et discriminatoires, explication des applications à utiliser, etc.).


Des webinaires sont également organisés, pendant lesquels on nous présente les équipes de responsables, les sites sur lesquels on va effectuer nos missions et on nous fournit de plus amples précisions quant aux activités et tâches confiées aux volontaires.
Courant juin 2024, je reçois (enfin) une offre définitive et qui est d’ailleurs identique à celle reçue en tant que remplaçant. Après vérification des disponibilités, j’accepte l’offre avant la fin de la période de 10 jours de validité communiquée. À cet instant, tout cela devient réalité, je serai volontaire aux JO de Paris 2024 du 27/07/2024 au 10/08/2024 sur les sites du Grand-Palais (escrime et taekwendo) et du Pont Alexandre III (triathlon et nage en eaux libres (10km)) au sein de l’équipe EVS (service aux spectateurs). À ce moment-là, je suis juste aux anges! Quelques semaines plus tard, le planning de notre mission nous est envoyé, s’il ne convient pas dans son intégralité, il y a possibilité de demander des aménagements. Une fois le planning définitif validé, on reçoit par la suite toutes les informations utiles pour se connecter aux canaux officiels de communication des équipes opérationnelles auxquelles nous sommes affectés et pour récupérer notre accréditation et notre tenue de volontaire.



Accréditation et dotation des volontaires
Afin de faciliter le retrait de notre accréditation, on prend RDV (jour et heure) auprès du centre qui gère les accréditations en passant par son espace volontaire (plateforme en ligne qui reprend également un accès aux informations de notre candidature, données personnelles, lien pour accéder aux formations à suivre).
Le lieu de retrait se situe proche de la porte de Versailles, RDV est pris pour ma part le 25 juillet à 12h.

Sur place, après vérification de notre identité (présentation de sa carte ID ou passeport) et de la confirmation de la mission qui nous est confiée (quelle équipe, quel(s) site(s), à quelles dates), on nous communique quelques consignes à respecter liées à notre accréditation (ex: ne pas la prendre en photo, ne pas la partager sur les réseaux sociaux, ne pas l’oublier les jours de mission sinon on ne pourra pas accéder aux sites, ne pas l’utiliser en dehors des jours de mission, ne pas la prêter, etc.), on reçoit le précieux sésame imprimé sur place ainsi qu’une carte de transport Navigo pour couvrir nos frais de transports pendant les JO.


Par après, on nous dirige à quelques centaines de mètres du centre des accréditations dans un lieu dédié à la distribution des tenues des volontaires. Dans ce second lieu, on scanne votre accréditation et on vous emmène dans un espace où l’on retrouve des dizaines de cabines d’essayage. Dans ce lieu, c’est comme être dans un décathlon (fournisseur de la tenue des volontaires), on a accès aux différents éléments de la tenue, en plusieurs tailles, que l’on peut essayer afin de s’assurer que l’équipement sera adapté à nos mensurations. Une fois les essayages effectués et les bonnes tailles renseignées sur un bout de papier, on récupère, dans un espace de stockage et de distribution, les différents éléments de la tenue de volontaire qui sont rassemblés dans un sac que l’on nous fournit également.
La tenue complète du volontaire comprenait :
- 4 paires de chaussettes (deux paires roses et deux paires bleues) ;
- 2 pantalons/shorts ;
- 4 t-shirts ;
- 1 chapeau ;
- 1 paire de chaussures ;
- 1 ensemble détachage veste/boléro ;
- 1 sac ;
- 1 sac banane.
À cela s’ajoute d’autres goodies/cadeaux qui nous ont été offerts dans le courant et à la fin de notre mission:
- Une montre Swatch Volontaire paris 2024;
- Un sac étanche comprenant une serviette, un savon « j’ai fait les jeux » et un pin’s « merci » le tout estampillé volontaire JO de Paris 2024.



Clairement on a été gâté!
Est-on payé en tant que volontaire ?
Cette question, on me l’a posée à plusieurs reprises dont une fois par un journaliste belge venu faire un reportage sur les volontaires des JO et qui cherchait un petit peu la petite bête apparemment. Eh bien non, nous n’étions pas payés en tant que volontaire aux JO de Paris. Comme répondu à ce journaliste: c’est un peu dans la définition du volontariat… et personnellement si j’ai postulé en tant que volontaire c’est que je l’ai voulu, sans oublier que l’on savait à quoi s’attendre avant de s’engager. En effet, les conditions du volontariat lors des JO étaient clairement précisées au moment de la candidature et répétée avant d’accepter les offres de mission, pas de surprise possible donc: le logement n’est pas couvert par l’organisation (j’ai de la chance d’avoir eu accès à un logement sur place par des membres de la famille ce qui a facilité les choses et sans quoi je n’aurais pas postulé car financièrement trop contraignant). Cependant, les frais de transport dans Paris (et pas limité à ceux pour nous rendre sur les sites de notre mission) et de bouche (un repas par jour de mission), eux, étaient bien pris en charge.
Un jour de mission, à quoi cela ressemble?
De ce que j’ai vécu au sein de l’équipe EVS sites Grand-Palais et Pont Alexandre III (d’autres volontaires sur d’autres sites et/ou ayant effectué d’autres types de mission ont certainement expérimenté d’autres choses) :
- La veille d’un jour de mission: on recevait via les canaux de communication utilisés (groupes dédiés via application sécurisée) un rappel des lieux et horaires des débuts et fins de chaque shift des missions du lendemain;
- Le jour de mission: tout commençait 1h30 avant le début des épreuves sur le site où l’on était affecté. Les volontaires étaient rassemblés pour un briefing avec les différents chef.fes d’équipes et pendant lequel les rôles de chacun et chacune étaient distribués à l’aide de petites cartes (et expliqués si c’était la première fois que l’on tenait ce rôle). Les modes de fonctionnement opérationnel du jour étaient communiqués, les chef.fes d’équipes répondaient aux questions éventuelles et tout le monde se dirigeait vers le poste qui lui était assigné et la mission débutait. En cas de problèmes, urgences, ou autres imprévus, on se référait à nos chef.fes d’équipe pour résoudre les situations rencontrées et auxquelles on ne savait pas répondre directement ou on n’avait pas le mandat. Durant notre mission, on s’organisait par équipe pour prendre des pauses au centre des volontaires ou pour aller manger au restaurant du site auxquels on avait accès;
- En fin de mission, on faisait, par équipe, un debriefing de la journée (ce qui avait été ou pas) pour faire remonter les informations aux différents responsables opérationnels et ce afin d’adapter, au besoin, les modes de fonctionnement à mettre en place pour le jour suivant;
- Pendant nos missions, on permutait également entre volontaires pour ne pas toujours effectuer les mêmes missions et pour nous permettre aussi d’assister aux compétitions prenant place sur site;
Les missions rencontrées en tant que volontaire aux services des spectateurs permettaient d’être vraiment aux contacts des gens venant voir les évènements sportifs et cela reprenait les tâches suivantes:
- Régulation des files d’attente aux abordes des sites et points de contrôle d’accès;
- Communication de toutes sortes d’informations relatives à l’événement et au site et réponse aux questions des spectateurs et visiteurs aux abords des sites;
- Orientation des spectateurs sur sites, assistance générale aux spectateurs et spectatrices;
- Alerte aux chef.fes d’équipes en cas de problème rencontré;
- Assistance aux personnes ayant un besoin d’une aide à l’accessibilité et aide aux spectateurs en situation d’handicap.
Personnellement, je me suis beaucoup amusé et pris beaucoup de plaisir à communiquer toutes sortes d’informations aux abords des sites car c’est là où l’on rencontrait le plus de personnes. Le fait de pouvoir utiliser un mégaphone a aussi beaucoup joué dans ce plaisir, comme par exemple dire à une file entière qui attendait pour rentrer au Grand-Palais pour assister à de l’escrime : « Bien le bonjour tout le monde, j’espère que vous allez bien! La bienvenue sur le site du Grand-Palais, merci de patienter et de préparer vos billets pour la session du jour… aujourd’hui nous avons la chance d’accueillir des matchs de volley-ball… non je déconne… mais maintenant que j’ai votre attention, n’oubliez pas que… etc. » et une fois le rush des entrées passé, s’amuser à raconter des blagues de Papa aux passants, petit florilège :
- Où se cache Mozart ? Dans le frigo, car Mozzarella…
- Savez-vous pourquoi les policiers n’ont pas de ride… parce qu’ils ont la peau lisse (la réaction des policiers qui se trouvaient aux abords du site valait son pesant de cacahuètes)
- Vous savez l’avocat du diable ? Et bien il fait un guacamole d’enfer…










Et sinon c’était comment cette expérience ?
Si on me demandait de recommencer, je le referais d’office, c’est une des expériences les plus enrichissantes que j’ai eu la chance de vivre, de par:
- Les magnifiques rencontres faites lors de cette période (volontaires, policiers, personnel de la sécurité, chef.fes d’équipes, spectateurs et spectatrices, etc., venant d’horizons très variés);
- L’ambiance si particulière et bienveillante ressentie sur place, les JO possèdent un petit quelque chose de particulier qui est d’ailleurs difficile à expliquer;
- Le sentiment d’avoir participé à quelque chose de beau, de grandiose dans de superbes sites et une ville magnifique;
- Les moments entre amis et la famille retrouvés sur place;
- La découverte de Paris autrement (et surtout très tôt le matin);
- Les émotions ressenties;
- Les souvenirs;
- L’ambiance lors des épreuves sportives;
- L’impression que l’humanité peut encore s’entendre, s’écouter, s’apprécier (et ça, ça fait plus que du bien);
- Les déguisements de hordes de spectateurs et spectatrices venus soutenir leurs compatriotes;
- Les choses apprises sur place et qui seront utiles pour le boulot!
Alors oui tout n’était pas parfait, il y a eu, bien entendu, quelques spectateurs et spectatrices désagréables (comme certainement des volontaires aussi), des personnes accréditées ou invitées qui se supposaient plus importantes qu’elles ne le devraient (si d’ailleurs un jour vous êtes confronté à quelqu’un vous sortant l’argument « Mais vous savez qui je suis, vous savez à qui vous vous adressez », répondez très calmement « et vous, sous ma tenue de volontaire, dans la vraie vie, savez-vous qui je suis? », ça marche très bien pour calmer certains stoeffer (vantard), dikkenek (prétentieux) et autres kluutzak (idiot)), des tentatives de gruge pour rentrer gratuitement sur sites… mais ces comportements étaient tout de même très limités et tout était mis en place pour gérer ces situations de la meilleure façon possible. Il y a eu aussi quelques petits couacs dans l’organisation souvent liés à des changements de dernières minutes mais cela ne gâche en rien les chouettes souvenirs qui restent de cette expérience de bénévolat.
Bref, pour finir je vous laisse avec quelques photos prises lors de cette période.
Allez à bientôt















































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